Petite fiction en plus, écrite il y a plus d'un ans, et écrite sur un coup de tête, après avoir lue une histoire basée sur le suicide. Pas très long, pour sûr, mais étant donné qu'il s'agit de la première 'Chose' que je parviens réellement à finir, je voulais vous la faire partager. Bonne lecture!
Entouré de notre groupe d'amis, je te regarde, une nouvelle fois. Ton petit-ami me lance un regard noir et je détourne la tête. Comme toujours, tu m'ignore. Tu penses peut-être que cela va atténuer ma douleur? Malheureusement, tu te trompes. J'ai toujours mal. Et ça me tue. J'espère que se soir, ma peine ne sera plus. Tu n'aura plus à me supporter et ton copain sera enfin libéré de ma détestable présence.
Au fond, j'ai des difficultés à supporter le fait que personne n'aura su combien je souffrais. J'ai fais des tentatives de suicide, personne ne s'en est alarmé. Je me coupe toujours, mon poignet a de suffisantes preuves. Mais je cache mes plaies. Physiques... Et mentales. Effectivement, j'ai toujours eu l'air de profiter de ma vie. Est-ce vraiment le cas? Non.
C'est horrible de t'aimer. Je te déteste pour ça. Un amour non-réciproque, y-a-t-il autre chose de pire? Je t'aime. En faite, tu ne m'as jamais pris au sérieux. Je t'ai avoué mon attirance pour toi au mauvais moment. Tu as cru et penses toujours que ce n'est qu'une passe passagère.
Je respire plus en sachant que dès-demain, je serai libre. Libre de ton emprise. Mon dévolu sur toi n'a été que bêtise.
Une envie me prend. Gratter mes plaies, qui s'étendent sur mon avant-bras. J'ai mal, et j'ai peur ne ne pas résister. C'est terrible, parce-que plus j'y pense, plus ça me démange. Je me lève et prétexte le devoir des besoins naturels. Je ris, et je suis le seul à savoir combien il sonne faux. Je file vers la salle de bain, et je sens mes larmes couler. Entrant à l'intérieur, je remonte vivement la manche de ma chemise et laisse saigner ces trous béants. Je me sens vivant. La douleur est-elle vraiment le seul moyen? Pour moi, oui. Je ne pourrais jamais ne plus t'aimer. Les perles salées entrent dans ma bouche et coulent sur mon menton, jusqu'à s'écraser sur le sol. Pareil aux gouttes de sang. La lame de rasoir jeté sur le lavabo prend place dans ma main. Je m'effondre. Finalement, attendre se soir est trop difficile pour moi. J'ai mal. Ma respiration se coupe, mais je n'en ai pas conscience. Le sang coule trop abondamment. J'aurais du rester avec vous. Cela aurait sûrement retardé ma mort de plusieurs heures. J'aurais du ne jamais te rencontrer. Qui sait, j'aurais peut-être été heureux? Non... Vivre sans avoir croisé ton chemin... Impossible.
Dieu que je te hais. Mais qu'est-ce que je t'aime. En prenant trop difficilement une bouffée d'air, la porte s'ouvre.
Toi. Tu ne bouges pas, tu me regardes avec incompréhension. Puis, à mon grand étonnement, tu t'affoles. Tu trembles, ça se voit. Tu cries aux autres d'appeler une ambulance, il me semble. Un goût amer envahit ma bouche. Du sang? Probablement. Ta meilleure amie apparaît à tes côtés et se met à hurler. Dans, ma tête, je ris vaguement. Je n'aurais jamais pu penser que ma mort pourrait avoir cet effet. Ton petit ami, arrivé à l'instant, me lance un regard de dédain. Mais je perçois la peur dans ses iris sombres. La peur de quoi? Je n'arrive pas à comprendre. Plus je réfléchis, plus je me sens divaguer. Puis je sombre lentement dans l'inconscience.
Suis-je enfin libéré de ma souffrance?
J'entends des voix autour de moi. A qui appartiennent-elles? Il me semblent entendre la tienne. Ma respiration se fait entendre. Où suis-je? Un tuyau dans la bouche m'aide à respirer. Je suis surement dans un hôpital. J'ouvre les yeux, et la lumière m'illumine. Quelqu'un est à mes côtés. Une infirmière. Elle m'explique que je ne dois pas parler, que je suis encore trop faible. L'appareil dans ma bouche et mon nez m'est indispensable. Puis elle me demande si je veux voir du monde. Elle me dit que mes parents sont présents, puis rajoute ton prénom et celui de ta meilleure amie. Mon cœur s'emballe. J'acquiesce doucement, hochant la tête. Trois personnes entrent. Mon père, ma mère, mon frère. Mes parents ne m'aiment pas. Ni mon frère d'ailleurs. Celui-ci ferme la porte, devant toi, que j'aperçois avec une douleur que je connais.
Mes parents me regardent. Ils ne sourient pas, et ne sont sûrement pas heureux de me voir vivant. Mon père lance un «pourquoi» retentissant. Ce seul mot est emplit d'un effroyable mépris. Je ne répond pas. En même temps, je ne peux pas. Je tourne la tête vers la fenêtre. Je pense à toi. Je n'écoute plus cette famille d'égoïste à laquelle j'appartiens.
Et... Je ne suis pas mort.
Combien de temps est passé après mon suicide... inachevée?
Ma mère s'énerve et sort en claquant la porte. Mon père dit qu'il regrette de m'avoir eu pour fils. Mon frère part sans rien dire. J'ai beau dire que je suis insensible à leurs terribles remarques, j'ai mal. Et je pleure de nouveau.
Tu entres. A en voir ton regard et celle de ton amie, je dirais que vous avez tout entendu.
Tu te jettes sur moi et m'enlace en marmonnant un «idiot!». Mon cœur bat si fort que j'ai peur que tu l'entendes. Puis tu relèves doucement ma tête.
«Je t'aime.» Murmures-tu.
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